Le bois est un materiau vivant. Son usage multiple dans la construction doit tenir compte de sa biodiversité et de sa carte d'identité.

CHARPENTE ET OSSATURE BOIS
La construction de charpente traditionnelle et de charpente collée (lamellé-collé) recherche des bois ayant de bonnes résistances mécaniques, aussi légers que possible, inattaquables aux insectes et peu sensibles aux pourritures.
Les bois de charpente employés sous toit (classe de risque 2) ne sont pas soumis à une réhumidification (sauf accidentelle), ils doivent être préalablement protégés contre les insectes du bois (Capricorne des maisons, termites…) et contre les attaques de champignons. Ce dernier point est malgré tout nécessaire, car en cas de réhumidification accidentelle (arrachement de tuiles par ex.), les champignons pourraient proliférer et provoquer une pourriture qui compromettrait fortement la structure.
Les bois employés sont principalement : sapin, épicéa (ou Sapin Blanc du Nord), pin sylvestre (ou Sapin Rouge du Nord), sapin Douglas (ou Orégon)…
Les charpentes soumises aux intempéries (classe de risque 3) sont soumises à des périodes d’humidité discontinues. Les bois ne sont donc pas en permanence en contact avec l’eau, ils subissent des phases de séchage. Ce qui oblige à employer des bois plus résistants naturellement ou de les préserver artificiellement par un traitement fongicide préventif suivi d’une protection hydrofuge pour réguler le degré d’hygrométrie du bois.
Les remarques précédentes sont applicables aux bois de structure et d’ossature des constructions en bois (maisons à ossature bois, en madriers, à structure poteaux-poutres, etc.). Sans être en principe réhumidifiés, les bois de structures doivent impérativement recevoir un traitement préventif car il sera difficile d’intervenir (de réparer rapidement les dégâts causés par une entrée d’eau accidentelle) une fois le bâtiment fermé.
Important : le taux d’humidité des bois employés à l’extérieur devra se situer entre 14 et 16% suivant l’essence, soit l’état d’équilibre entre le bois et l’atmosphère environnante.
Les bois de bardage (classe de risque 3) sont soumis à des périodes d’humidité discontinues. Mêmes remarques que précédemment, mais les bois employés en bardages n’ont pas besoin d’avoir des propriétés mécaniques élevées. On retiendra surtout des bois ayant une excellente durabilité naturelle comme le Western Red Cedar, le Mélèze. Ces bois ne nécessitent pas de traitement préventifs préalables ; cependant une finition teintée pour limiter le grisaillement naturel peut être envisagée. C’est selon le goût de chacun.
Les bois peu durables ou moyennement durables doivent impérativement être traités contre les attaques biologiques. Une imprégnation en profondeur des bois en autoclave est le meilleur traitement à conseiller *.
(*) Les produits de traitement utilisés pour l’imprégnation des bois en autoclave sont en général des sels inorganiques à base d’oxyde de cuivre et de chrome ou des produits organiques de dernière génération. Les essences de bois ci-dessous nécessitent un tel traitement pour être employées à l’extérieur (classes 3 et 4).
On distingue notamment : le Sapin, l’Epicéa, le Pin ou le Sapin Douglas parmi les essences les plus employées nécessitant un traitement préventif.

MENUISERIE EXTERIEURE
On distingue par menuiserie extérieure, les fenêtres et portes extérieures, les vérandas, les portails et clôtures, les terrasses…
Les bois appréciés pour cet usage doivent être de densité et de dureté moyennes. Leur résistance mécanique sera moyenne ou forte. Ils doivent être insensibles à l’attaque des insectes et peu sensibles à l’attaque des champignons (soit par leur durabilité naturelle, soit après traitement de préservation *) surtout pour les pièces particulièrement exposées à l’humidité.
(*) le traitement de préservation de la plupart des bois employés en menuiserie extérieure se fera par trempage ou par aspersion à l’aide d’un produit pénétrant à base de solvant ou en phase aqueuse. La pénétration n’est pas aussi importante qu’avec un autoclave, mais elle assure cependant une protection suffisante aux bois repris ci-après.
Bois conseillés pour cet emploi :
Le Teck, le Doussié (Afzélia bipindensis), le Merbau (Afzélia bijuga) par leurs excellentes qualités de durabilité sont de très bons bois de menuiserie extérieure. Ils se vernissent et se peignent facilement et peuvent être conseillés sans restriction.
Le Méranti, le Niangon, le Sapelli et le Sipo sont des bois très utilisés et estimés en menuiserie extérieure. Leurs qualités de durabilité sont bonnes. Ils s’usinent, se vernissent et se peignent facilement. Mais ils devront être mis en œuvre après un bon séchage, car leur contre-fil est parfois accusé et il y a risque de déformation s’ils sèchent après mise en œuvre.
Le Makoré, le Moabi, sont des bois qui donnent d’excellentes menuiseries extérieures car très durables, mais ils sont très siliceux et obligent l’emploi d’outils au carbure de tungstène pour leur usinage.
L’Iroko a toutes les qualités requises pour donner d’excellentes menuiseries extérieures : bonne durabilité, stable une fois sec, travail assez facile, sous réserve des précautions à prendre pour sa peinture. En effet, certains bois refusent les peintures et vernis. L’Iroko contient (c’est le seul) un antioxydant énergique, la chlorophorine, qui empêche le séchage des huiles ; la peinture coule et prend une teinte brunâtre. Ils faut alors utiliser des produits ne contenant pas d’huiles siccatives telles que les peintures ou lasures à base de polyuréthane ou les produits de finition en phase aqueuse qui donnent de bons résultats.
On pourra également citer les bois comme le Bété, le Movingui, le Padouk, le Menkulang ou l’Angélique et bien d’autres qui donnent de très bonnes menuiseries extérieures.

MENUISERIE INTERIEURE
En menuiserie intérieure les exigences des bois sont à peu près les mêmes qu’en menuiserie extérieure. Cependant on peut admettre des bois ayant des résistances mécaniques plus faibles, donc plus légers. De plus ces menuiseries étant abritées, les exigences de résistance aux pourritures passent au second plan .
L’humidité à adopter pour la menuiserie intérieure : 11 à 13%.

HUISSERIES ET PORTES
Les cadres de portes et les huisseries sont en général mis en place dans le bâtiment avant les enduits de plâtre. Ils seront mis en contact avec le plâtre frais et risquent de se réhumidifier. Tous les bois recommandés pour les menuiseries extérieures peuvent être utilisés, mais les bois ayant un très faible retrait au séchage (Angélique, Doussié, Teck…) seront particulièrement appréciés.
Les menuiseries intérieures dormantes et ouvrantes pourront être fabriquées avec les mêmes bois. Mais des bois plus légers, plus tendres pourront également être utilisés : le Framiré, le Koto, l’Okoumé, le Chêne, le Hêtre, le Frêne, l’Erable, etc.

ESCALIERS
Les escaliers en bois sont souvent un des ornements de la maison. On choisira pour leur construction des bois de belle apparence présentant de bonnes résistances mécaniques.
Limons. – Ce sont des pièces épaisses et larges qui sont souvent taillées dans des pièces de fortes dimensions. Il arrive fréquemment que ces pièces épaisses soient mises en œuvre insuffisamment sèches. On utilisera alors des bois pouvant sécher après mise en œuvre sans fentes et sans déformations. Le Doussié, le Teck, sont particulièrement recommandés, car leur retrait au séchage est très faible. On peut également utiliser l’Angélique, le Bubinga, l’Iroko, le Makoré et le Tiama.
Pour les autres parties de l’escalier : marches et contremarches, rampes et mains courantes, on emploiera les mêmes essences que l’on choisira en conséquence de l’aspect recherché.
Le Chêne et le Hêtre sont chez nous couramment employés dans la construction des escaliers en bois. Ils devront avant usinage être parfaitement séchés pour éviter tout retrait et déformation. Ils se vernissent et se peignent sans difficultés particulières. Tout comme les essences exotiques reprises plus haut (à l’exception de l’Iroko).

PARQUETS TRADITIONNELS
Les bois utilisables en parquets traditionnels doivent présenter un certain nombre de qualités.
Dureté.- Doit être comprise entre 3 et 6 environ. Les bois trop tendres, de dureté inférieure à 3, s’impriment sous les meubles et se raient facilement. Les bois trop durs risquent d’être glissants, mais sont cependant très acceptables.
Rectitude du fil.- Il importe que les lames des parquets soient bien de droit fil ; en effet, le contre-fil est un défaut très grave car la surface des lames contrefilées présente toujours des parties de fibres tranchées qui retiennent les poussières et les cires (huiles ou teintes) provoquant des zones plus foncées. L’entretien de tels parquets est par conséquent délicat.
Grain.- Les bois à grain fin sont les plus intéressants. Ils acceptent mieux la cire, se finissent mieux, s’encrassent moins.
Mise en œuvre.- Tous les bois de parquets doivent être mis en œuvre bien secs. En général, dans la plupart des régions, les bois sont mis en œuvre à 12% d’humidité en moyenne. Ce séchage ne peut se faire qu’en séchoir artificiel.
Finition.- Le bois est poncé avant d’être encaustiqué ou verni. Les bois les plus intéressants sont ceux qui se poncent facilement sans rayures. Les bois à structure homogène seront donc plus appréciés que les bois à structure hétérogène présentant des zones tendres et des zones dures (par exemple le sapin et le pin).
Essences recommandées pour les parquets : Angélique, Chêne, Doussié, Hêtre, Iroko, Teck

Parquets mosaïque ou à pose flottante : Prendre soin d’associer des essences de dureté analogue afin que l’ensemble ait une usure uniforme.
Essences recommandées : les mêmes que ci-dessus, plus Wengé, Kotibé, Ovangkol, Izombé, Assamela.

Parquets spéciaux :
Certains parquets sont exposés à une usure prononcée : couloirs à grande circulation, magasins, ateliers, salles de gymnases ou de spectacles…
Tous les bois ayant une grande dureté et une grande résistance à l’abrasion peuvent être utilisés : Azobé, Limbali, Moabi, etc…
Mais toutes les essences reprises ci-dessus peuvent être employées à condition de leur appliquer un vernis de haute résistance qui fera office de couche d’usure.

PROTEGER LES BOISERIES : UNE NECESSITE...

On l’a vu, à chaque emploi correspondent des essences adaptées. Soit parce que leurs qualités mécaniques et physiques les prédestinent à ces usages, soit parce que leur durabilité en font des essences résistantes naturellement aux attaques biologiques.
Mais la beauté, voire la noblesse de ces bois ne serait pas garantie si l’on ne les protégeait pas contre les reprises d’humidité et le grisaillement dû aux intempéries.
Pour ce faire on a recours à des produits hydrofuges, en général pigmentés pour les protéger des U.V. , parfois contenant des biocides pour apporter un complément de protection contre les attaques biologiques.
La beauté et la pérennité d’un ouvrage en bois sont intimement liées au degré d’exposition extérieur. C’est pourquoi il est préférable et conseillé de prévoir dès la conception d’un ouvrage, des solutions constructives protectrices du matériau bois..

Ces solutions simples ont pour but d’éviter les infiltrations d’humidité.
Comment ? En améliorant la qualité des assemblages, en éliminant, ou tout au moins en limitant au maximum les arêtes vives difficiles à protéger. Au moment de la conception de l’ouvrage, on doit favoriser les grandes avancées de toiture et des écoulements d’eau pluviale afin de prévenir toute stagnation.
Il suffit en effet d’une avancée de toit insuffisante, et vous constaterez vite que bardages, menuiseries, volets, balcons, etc., font grise mine…
Si rien n’est fait : sur les parties exposées aux attaques atmosphériques et biologiques, apparaissent tout d’abord des taches puis un grisaillement de surface. Il peut s’agir de remontées tanniques qui indiquent que le processus de dégénérescence est engagé.
Dans un premier temps, la pigmentation du bois se désagrège, puis sous l’effet de la pluie et de l’humidité, le bois gonfle. En séchant il se fendille, se déforme et finit par se fendre de tous côtés. Il est alors trop tard pour appliquer un remède miracle…

SURVEILLER L'ETAT DES BOISERIES ET LES ENTRETENIR...

Que faire pour éviter le pire ?
Tout d’abord, il est important de surveiller l’état des boiseries régulièrement et périodiquement. Car lorsque l’on constate une simple rayure ou un éclat de la finition, il est facile de réparer. Cette opération est rapide et peu coûteuse si elle est faite à temps.
Mais si on laisse évoluer les choses sans rien y faire, l’eau va s’infiltrer, humidifier le bois en profondeur et ainsi créer un climat propice à l’infestation des agents déprédateurs du bois que sont les champignons de décoloration, les champignons de pourriture et aussi les insectes xylophages.
Il est assez étonnant de constater que peu de gens se préoccupent de l’état de leurs menuiseries extérieures. Elles sont même rarement nettoyées, alors qu’il est impensable de laisser s’encrasser le mobilier intérieur ou le parquet en bois. Car une menuiserie lasurée ou laquée, si elle est encrassée par la pollution atmosphérique se ternit rapidement, sa finition se dégradera plus rapidement que si elle est périodiquement entretenue. Imaginez vous ne jamais laver votre voiture ? Pensez à l’état de sa peinture après un an ou deux !
Une finition réalisée en atelier par un professionnel compétent a une durée de vie variable de 3 à 10 ans en fonction de la nature de la finition (lasure ou peinture) , de son exposition (plus durable à l’est qu’à l’ouest) et aussi de la protection constructive du bâtiment (voir plus haut).
C’est à dire qu’il sera nécessaire d’appliquer une couche de rappel, plus ou moins espacée dans le temps, avec un produit de protection ou de décoration compatible avec la finition appliquée en atelier. Voir notre gamme Pro.
Cet entretien est facile et rapide si encore une fois vous n’attendez pas de voir apparaître le bois nu avant d’intervenir. Dans ce cas il faudra procéder à un ponçage énergique et entreprendre
une rénovation, non plus un simple entretien de routine.

Vous trouverez les produits qu’il vous faut dans notre gamme everethane – everhyd – everXyl. Contactez nous pour plus de renseignements.